Cette semaine on discute de démarrage sur le web ainsi que de pratique privée à la maison avec Noémie Séguin, physiothérapeute ayant développé une expertise en rééducation périnéale et pelvienne.

Travailleuse autonome depuis maintenant sept ans, Noémie est mère de deux enfants et pratique de chez elle depuis maintenant quatre ans. De plus, elle désire mettre de l’avant sa pratique et sensibiliser la population à l’importance de la physiothérapie pelvienne. Pour ce faire, le web est son arme.

Ayant tout récemment mis en ligne sa première formation web 5 semaines pour se préparer physiquement et prévenir les déchirures à l’accouchement, elle nous parle de ses motivations et des défis qu’elle rencontre au sein de ce projet.

Noémie Séguin
Noémie SéguinPhysiothérapeute pelvienne
Physio Pelvienne | physiopelvienne.com

Bonjour Noémie. Premièrement, peux-tu nous parler de ton parcours professionnel jusqu’à présent?

J’ai commencé dans le domaine de la physiothérapie comme employée dans une entreprise privée où j’ai travaillé pendant cinq ans. Je vivais des insatisfactions reliées aux conditions de travail qui étaient imposées. Je me disais que si je voulais offrir des services de qualité à mon image, il n’y avait pas d’autres choix que la pratique privée.

J’ai donc décidé de retourner à l’école après avoir découvert la formation de deuxième cycle en rééducation périnéale. J’ai complété la formation durant ma seconde grossesse et j’ai profité de mon congé de maternité pour lancer mon entreprise.

Au départ, j’avais une pratique mixte. On accepte des clients en privé à gauche et à droite, on se plie aux horaires des gens. Bref, au fil des mois j’ai passé graduellement de quelques jours par semaine au privé à une pratique privée complète. Je louais une salle de traitement ainsi que le matériel dans la clinique pour laquelle je travaillais, mon expertise me permettant de ne pas faire compétition à leurs services.

À la suite à ma séparation, quelques années plus tard, je me suis retrouvé à devoir me magasiner une maison. Je savais que je devais m’occuper de mes enfants et j’ai donc choisi une maison qui me permettrait d’installer mon bureau chez moi. Trois ans plus tard, je redéménageais à nouveau et aujourd’hui j’ai mon entrée indépendante et je suis très bien installée.

Pourquoi avoir choisi de développer une expertise dans la physiothérapie pelvienne?

C’est la physiothérapie pelvienne qui m’a choisi! (Rires) Bien honnêtement, je n’aurais jamais cru celui qui m’aurait dit il y a quelques années que j’allais aider des gens ayant des problèmes gynécologiques.

À la base, j’ai choisi la physiothérapie parce que j’avais des problèmes lombaires et de bassins importants, je voulais être capable de prendre soin de moi et de me guérir moi-même. Mes maux avaient grandement empiré après ma première grossesse et malgré mes connaissances, je trouvais qu’il manquait une pièce au casse-tête.

C’est une de mes amies qui m’a fait connaitre le domaine et qui m’a encouragé à aller développer mon expertise. Pour moi, tout à changer à partir de ce moment. J’ai été capable de soulager mes douleurs et je me suis dit que je me devais de partager cette expertise et d’aider les gens.

Il y a sept ans de cela, il y avait un gros travail de sensibilisation et d’éducation à faire tant pour le public que chez les médecins. Je crois que la pratique est beaucoup plus connue aujourd’hui mais qu’encore trop de femmes se privent de ce type d’accompagnement.

Après 7 ans dans la pratique privée, tu as décidé d’augmenter ta présence sur le web, quels sont tes objectifs en ce qui a trait à ta présence web?

Je peux dire qu’en sept ans de pratique, j’ai pu aider des milliers de femmes à être mieux dans leur corps. Aujourd’hui, je suis rendue à un point dans ma carrière où je veux faire plus. Je veux générer un plus grand impact pour ma profession mais je ne veux pas sacrifier ma conciliation travail-famille que j’ai tant cherché à bâtir.

Ainsi, l’idée de blogue et de plateforme web me semblait la meilleure solution pour moi. Ma vision pour le projet étant que mon site web devienne la référence en physiothérapie pelvienne et ce, tant pour les professionnels que le public.

Je vise à améliorer l’accessibilité de ce type de traitement, ce pour quoi j’ai été attirée par les programmes de réadaptation périnéale en ligne. À travers ces formations, j’ai pour objectif d’éduquer les femmes sur les exercices et connaissances de base. J’aimerais aussi réaliser de l’encadrement plus spécialisé avec des services en ligne comme des webinaires.

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Tu viens tout juste de démarrer dans le domaine du web. Quels sont tes principaux défis dans la mise sur pied de tes programmes et de ton blogue?

Premièrement, il faut que je gère mon temps de façon optimal. Ce projet me passionne et je dois faire attention de ne pas trop m’emporter sinon je vais m’épuiser. Je veux que le projet avance, certes, mais il ne faut pas que j’hypothèque le reste de ma vie pour ça.

Deuxièmement, j’ai bien peu de connaissances et de compétences en ce qui a trait au web. Cela représente beaucoup d’apprentissage, de tests et d’erreurs. La dynamique des réseaux sociaux et la gestion d’un site web sont de nouveaux univers pour moi.

À ce niveau, j’ai d’ailleurs décidé de déléguer la réalisation du site web à une experte dans le domaine. Elle me montre comment publier sur le site et réaliser des changements mineurs en cas de besoin. Pour l’instant, c’est moi qui s’occupe de la publication sur les réseaux sociaux mais je considère déléguer cette gestion dans le futur. C’est un peu de temps tous les jours qui, au bout de la ligne, cumule beaucoup de temps.

Troisièmement, je dirais qu’un autre de mes défis est de laisser le projet faire son bout de chemin. Même si je veux que mon projet se développe le plus rapidement possible, il faut ne pas forcer les choses. Il faut faire confiance au projet lui-même et ne pas essayer d’aller trop vite dans nos démarches.

Noémie, à la suite de ta séparation, tu as décidé de déménager ton bureau privé à la maison pour favoriser la conciliation travail-famille. Quelles sont les mesures qui ont dû être mises en place pour assurer le bon fonctionnement de la maisonnée suivant le déménagement?

Dans ma première maison, la salle d’attente était mon salon du rez-de-chaussée. Mes clients étaient dans ma vie privée et ça ne m’a jamais vraiment dérangée personnellement. Ma plus grande crainte lorsque j’ai déménagé mon bureau à la maison était que le fait de devoir rentrer chez moi dérange mes clients. Ça n’a pas été le cas.

Évidemment, ça m’a demandé de mettre en place quelques règles avec les enfants. Chaque soir, nous complétons la même routine de ménage pour s’assurer que les espaces sont propres. On peut dire qu’ils ont appris à se ramasser ! (Rires)

L’une des raisons pour lesquelles j’ai décidé de m’installer à la maison était la conciliation travail-famille que cela m’offrait. Ainsi, j’adapte mon horaire selon mes besoins.

Par exemple, je n’ai jamais envoyé mes enfants au camp de jour l’été, ils restent à la maison et je m’organise pour travailler des demi-journées pendant ce temps. Il arrive quelques fois que mes enfants viennent interrompre lors de mes consultations, les clients sont très compréhensifs et cela n’a jamais entaché ma réputation. Quelques fois, lorsque leurs propres enfants sont aussi à la maison, ils les amènent pour s’amuser avec mes enfants!

Bref, il faut savoir imposer les limites et règles nécessaires dans la maison mais je crois qu’il est parfaitement possible d’avoir une pratique privée fleurissante à la maison. Je ne crois pas que mes enfants aillent entacher ma réputation professionnelle.

Au contraire, une de mes qualités qui ressort le plus aux yeux de mes clients est mon grand professionnalisme.

Pourrais-tu nous décrire ce qu’est le professionnalisme à tes yeux ?

Quelle question! Je crois qu’effectivement, l’environnement de pratique a un rôle à jouer dans la perception du client, mais que le plus important dans le professionnalisme est la relation de confiance qui s’installe entre le professionnel et son client.

Par exemple, lorsque je suis emménagée dans ma seconde maison, il y a eu un gros dégât d’eau et nous avons dû procéder à des travaux d’urgence. Durant cette période, j’ai dû installer mon bureau comme je le pouvais, dans une autre pièce avec des planchers à moitié faits.

À ce moment, j’ai pris le temps de contacter tous mes clients, pour leur dire que mon bureau ne serait pas des mieux aménagés pour quelque temps et que je comprenais parfaitement s’ils n’étaient pas à l’aise à recevoir des traitements dans cet environnement. J’ai été bien surprise de voir que ça n’a pas empêché aucun client de continuer à faire affaire avec moi.

C’est pour ça que je crois que le professionnalisme est plutôt une énergie qui se dégage d’un professionnel. Lorsque l’on pose les bonnes questions, que l’on est à l’écoute et centré sur notre client, c’est là que la relation de confiance se bâtit. En ayant moi-même vécu des douleurs à ce niveau, c’est beaucoup plus facile pour moi de me mettre à leur place et d’utiliser un vocabulaire qui définit bien ce qu’ils ressentent.

Je n’adhère pas à la vision froide du professionnalisme qui connait tout. Il faut connaitre nos limites et savoir référer lorsque nécessaire sans que cela affecte notre ego.

En tant que professionnelles, il faut réaliser sa profession avant tout pour aider notre clientèle et non seulement comme gagne-pain. Pour développer cette relation d’aide, il faut savoir s’ouvrir à l’autre, se mettre sur le même piédestal.

À quoi mesures-tu ta propre réussite en tant qu’entrepreneure?

Je mesure mon succès professionnel à travers le bien-être de mes clients. Je considère que ce sont mes clients qui réalisent le plus gros du travail de la maison. S’ils réussissent à améliorer leur condition, c’est là que je réussis.

Pour réussir, il faut être capable de faire sentir son client en confiance, de cibler ses objectifs et de le faire cheminer pour qu’il atteigne ses objectifs. C’est à partir de ce moment-là que le bouche-à-oreille commence à fonctionner.

Bref, je dirais que quand je quitte un client à la fin d’une thérapie et qu’il a le sourire aux lèvres parce que l’on a amélioré sa condition de vie. C’est ça le vrai succès professionnel.

Merci Noémie ! 

Noémie SéguinPhysiothérapeute pelvienne
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